Langues et Identités
Bienvenue dans l'univers littéraire de Rodica Draghincescu, où chaque page de ses livres est une escale et une escalade. Depuis son premier recueil en 1993, "Aproape cald", elle a tissé une œuvre singulière, nourrie de poésie, de romans et d'essais littéraires. Dedans, chaque mot est une invitation à découvrir des vérités pas toujours faciles à digérer, forgées au fil de son parcours. Ce sera pour ses lecteurs une rencontre avec une plume affûtée, qui n'hésite pas à sonder l'atypique de l'être humain.
Les premiers échos
Mon parcours littéraire a débuté en 1993 avec le volume de poésie "Aproape cald", une œuvre écrite en roumain et illustrée de ma main, éditée chez Plumb, à Bacau, Roumanie. Ce fut le premier jalon d'une série de publications roumaines – poésie, romans, essais littéraires et anthologies – qui ont toutes bénéficié d'un excellent accueil dans la presse de mon pays natal.
En 2000, j'ai eu l'honneur de représenter la Roumanie littéraire à l'Académie internationale de culture et de sciences et arts humanistes Solitude, à Stuttgart, en Allemagne, marquant le début de ma reconnaissance internationale et ouvrant la voie à de nouvelles explorations littéraires.
"Philosophie, anatomie, psychologie et poésie existentialiste, ses livres incarnent une belle synergie, une osmose de plusieurs genres. Ils s'inspirent des histoires et des épreuves qui ont marqué la route de cette jeune poète. Ses publications ont ébranlé les mentalités et remis en question les théories obsolètes concernant la littérature féminine du passé. Par leur vocabulaire et leurs procédés lyriques, ces créations ont agressé les anciens modèles de poéticité féminine 80. Débutée en 1993, dans les années 90, Rodica Draghincescu a su affirmer fermement sa position en tant que figure emblématique de la nouvelle génération littéraire féminine post-communiste. Chacune de ses créations se présente comme un laboratoire de biologie poétique". (Laurentiu Ulici, critique littéraire, ancien président de l'Union des Ecrivains de Roumanie, Bucarest 1998)
La plume bilingue : traverser les frontières du bien et du mal
Dès les années 2000, mes écrits ont commencé à voyager, traduits en français, allemand, anglais, italien, espagnol et d'autres langues. Écrire directement en français m'a permis de présenter mes livres à un public international. La langue française a facilité mes échanges avec des éditeurs venus d'Allemagne, du Canada, des États-Unis, du Liban, d'Italie, de Chine, et bien plus encore. Cette période a donné naissance à des recueils de poésie, des romans et des interviews littéraires, ouvrant la voie à des dialogues culturels avec des auteurs, éditeurs et journalistes de renom.
Ma plume est devenue une arme tranchante. Elle s'est dédiée à examiner les recoins les plus sombres de l'âme humaine, offrant des révélations parfois douloureuses, mais toujours nécessaires, sans jamais reculer devant la vérité.
Deux langues, deux mondes : la force de la plume à deux drapeaux
J'écris exclusivement en roumain et en français, deux langues qui, si elles partagent ma voix, forgent des styles distincts. Mes écrits en français plongent dans le nihilisme et la philosophie des minimalistes, cherchant les "mots-bistouris" qui découpent la réalité. En roumain, ma prose se fait plus combative, telle une "lance-pierre" ou un "sabre", un moyen de défense pour la femme solitaire et forte que je suis. Chaque langue est une armure différente, un outil pour exprimer les recoins de mon être. Si une seule phrase de mes livres vous touche, alors vous saurez, intuitivement, si vous souhaitez poursuivre le voyage ou si nos chemins se séparent. Le plus important est cette connexion, cette résonance.